The message is the message

Pour lire ce code utiliser l’url de l’image ci-dessus* avec un décodeur comme http://zxing.org/w/decode.jspx
* https://glaner.files.wordpress.com/2011/07/tantque_s.png

En 1964, le philosophe canadien Marshall McLuhan* écrivait « … en réalité et en pratique, le vrai message, c’est le médium lui-même, c’est-à-dire, tout simplement, que les effets d’un médium sur l’individu ou sur la société dépendent du changement d’échelle que produit chaque nouvelle technologie, chaque prolongement de nous-mêmes, dans notre vie. » . Le contenu profond des messages oppose cependant une forme de résistance au message inhérent au médium. Même dans les sociétés totalitaires, où les formes et les contenus des messages sont totalement sous contrôle, les paroles échangées restent dissonantes, et il est même impossible qu’elles soient véritablement conformes à l’idéologie technique.

Aujourd’hui, la captation des informations par les outils logiciels, la quantification et le codage de ces informations constituent les outils d’une optimisation généralisée au service des pouvoirs qui l’organisent. The message is the message est un projet de contamination de l’espace codé par des messages réels. Pour participer vous pouvez imprimer des codes QR (http://www.fredperie.com/qr) et les coller où bon vous semble. Vous pouvez également coder vos propres message http://www.patrick-wied.at/static/qrgen/ et faire passer votre façon de voir par un medium qui n’est pas prévu pour que vous en fassiez cet usage.

* Marshall McLuhan, Understanding Media, 1964 http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/McLuhan_LeMediumEstLeMessage.htm

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Pouvoir c’est devoir

Si on peut quelque chose,  il nous faut également penser avons-nous le droit?, voire avons-nous le devoir de faire ?. Il y a donc de la morale à l’oeuvre.

Pensant à cette question j’ai cherché « pouvoir c’est devoir » sur Internet, et suis tombé sur cet article, très intéressant et intitulé une morale de la vie et qui parle de Jean-Marie Guyau, un philosophe méconnu de la fin du XIXème, qu’il est très tentant de lire.

Guyau, Jean-Marie. Esquisse d’une morale sans obligation, ni sanction. 1921. téléchargeable sur Gallica

Catastrophe, une histoire d’à-peu-près

La théorie (mathématique) des catastrophes (ou du chaos) s’appuie sur le fait que des modèles continus peuvent engendrer des phénomènes discontinus. Un modèle continu est tel que le futur immédiat puisse être prédit à partir du présent. Un tel système peut engendrer des variations si rapides qu’elles ressemblent à une discontinuité. C’est une question d’échelle de temps, c’est-à-dire de quel « point de vue » on considère le temps. Si on regarde de plus près, on peut constater que ce qui semble discontinu,  est en réalité continu à petite échelle.

En outre de tels systèmes, s’ils sont non linéaires peuvent, à partir d’un état à peu près connu, engendrer plusieurs situations. Une situation apparemment nouvelle peut émerger d’une situation apparemment connue (régulière). C’est le phénomène de bifurcation.

De fait dans la réalité des sciences naturelles, les choses gardent une certaine incertitude. On ne peut pas tout mesurer partout et si on le faisait ce que l’on veut regarder serait gravement perturbé au point de changer de nature. L’à peu près connu est la règle.

L’homme, la société et la civilisation correspondent à des échelles de temps en terme de représentation qui ne sont que faiblement ajustables. Ce que l’homme, le groupe ou un ensemble plus grand conçoit en terme de temps reste fortement imprégné de l’échelle de l’intuition humaine du temps. Du coup nous nommons catastrophe, ce que nous ne pouvons pas anticiper. Prévoir une catastrophe, est donc un oxymore. Par contre, ce que nous refusons de voir ou ce qui est caché par ceux qui savent, ne devrait pas être considéré comme une catastrophe

Hétérotopies

Il y a également, et ceci probablement dans toute culture, dans toute civilisation, des lieux réels, des lieux effectifs, des lieux qui ont dessinés dans l’institution même de la société, et qui sont des sortes de contre-emplacements, sortes d’utopies effectivement réalisées dans lesquelles les emplacements réels, tous les autres emplacements réels que l’on peut trouver à l’intérieur de la culture sont à la fois représentés, contestés et inversés, des sortes de lieux qui sont hors de tous les lieux, bien que pourtant ils soient effectivement localisables. Ces lieux, parce qu’ils sont absolument autres que tous les emplacements qu’ils reflètent et dont ils parlent, je les appellerai, par opposition aux utopies, les hétérotopies ; et je crois qu’entre les utopies et ces emplacements absolument autres, ces hétérotopies, il y aurait sans doute une sorte d’expérience mixte, mitoyenne, qui serait le miroir. Le miroir, après tout, c’est une utopie, puisque c’est un lieu sans lieu. Dans le miroir, je me vois là où je ne suis pas, dans un espace irréel qui s’ouvre virtuellement derrière la surface, je suis là-bas, là où je ne suis pas, une sorte d’ombre qui me donne à moi-même ma propre visibilité, qui me permet de me regarder là où je suis absent – utopie du miroir. Mais c’est également une hétérotopie, dans la mesure où le miroir existe réellement, et où il a, sur la place que j’occupe, une sorte d’effet en retour ; c’est à partir du miroir que je me découvre absent à la place où je suis puisque je me vois là-bas. À partir de ce regard qui en quelque sorte se porte sur moi, du fond de cet espace virtuel qui est de l’autre côté de la glace, je reviens vers moi et je recommence à porter mes yeux vers moi-même et à me reconstituer là où je suis; le miroir fonctionne comme une hétérotopie en ce sens qu’il rend cette place que j’occupe au moment où je me regarde dans la glace, à la fois absolument réelle, en liaison avec tout l’espace qui l’entoure, et absolument irréelle, puisqu’elle est obligée, pour être perçue, de passer par ce point virtuel qui est là-bas.

Michel Foucault in Des espaces autres


est-ce ici?,
installation vidéo, Fred Périé 2007


La liberté des uns commence là où commence celle des autres.

La vieille maxime rabâchée dans les écoles primaires qui fait s’arrêter notre liberté là où commencerait celle des autres, semble bien stupide car elle exclut toute vision partagée du sentiment de liberté. En l’inversant, on ouvre des possibles et fait reposer notre liberté sur les relations, accords et désaccords qui font l’essentiel de la démocratie, de son apprentissage et de son exercice. Pourrait-on être véritablement libre seul?

Les trois universalismes

Affaire Succession Giacometti contre Fondation Prada // L’ironie de Baldesari // les trois Universalismes

Il est intéressant de constater que dans l’affaire Succession Giacometti contre Fondation Prada [1], on ne voit qu’une affaire de droit de la propriété intellectuelle. au fond ne s’agit-il que de cela ? D’un litige entre héritiers jaloux de ce qui leur a été légué et artistes contrefacteurs?

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