Avec le rapprochement très en vogue de la science et de l’art, j’ai toujours l’impression qu’il y aurait un objectif qui serait : un bénéfice commun. Un bénéfice explicitable et réalisé par la communication de quelque chose. Quoi? me direz vous. Quelque chose en tout cas de positif dans l’esprit des scientifiques, titillés par l’incomplétude démontrée et leur positivisme refoulé.

L’art, il me semble, tire dans les coins, prend un prétexte, celui du moment, pour faire ce qu’il est bien évidemment impossible de dire. Sinon on le dirait. C’est comme un cri émis par celui qui n’est pas si fou qu’il en a l’air. Un cri intraduisible dans aucune langue et dont l’intérêt (il y en a donc un) est qu’il suscite chez celui qui l’entend le désir d’une traduction. Un universel potentiel comme celui de Kant, pourrait être dit autrement (traduit?) avec cette notion de désir de traduction. Comme dans l’humour juif, c’est ce non-sens qui est à l’œuvre, et selon moi, il ne peut trouver d’écho dans les sciences. Pour celles-ci, c’est au contraire l’ensemble des traductions possibles, qui constitue le processus à l’œuvre, avec pour but la création de l’objectivité. Là il n’y a pas de double sens possible, pas d’humour possible.

La science cherche la vérité sensée. et c’est très bien. L’esprit de la science, son désir d’objectivité par la remise en question et la confrontation, c’est l’essence même de la démocratie et une partie de la culture qui la soutient. Le reste, l’art, l’humour…, c’est ce qui permet de nous accommoder de nous même. Cela dit, les scientifiques, autant que nous tous, ont besoin d’humour pour penser l’insensé qu’est le monde.

Alors point d’espoir de communication entre art et science? Mais pourquoi donc faudrait-il que cela communique? C’est ça la post modernité, communiquer pour communiquer, faire pour faire… Entre art et sciences, ce serait plutôt une histoire vaine et c’est heureux au fond que quelque chose de vain se passe. Il y a pourtant une histoire de contact et c’est là que le désir nait.

de la communication des bactéries comme prémices aux organismes pluricellulaires

vidéo sur ted http://www.ted.com/talks/view/id/509

http://www.ted.com/talks/view/id/227

sur TED une conf très claire sur la synthèse de la vie et quelles perspectives elle pourraient offrir. En pratique Craig Venter explique comment il conçoit puis synthétise un chromosome et à terme comment il pense pouvoir l’implanter dans une bactérie.