La théorie (mathématique) des catastrophes (ou du chaos) s’appuie sur le fait que des modèles continus peuvent engendrer des phénomènes discontinus. Un modèle continu est tel que le futur immédiat puisse être prédit à partir du présent. Un tel système peut engendrer des variations si rapides qu’elles ressemblent à une discontinuité. C’est une question d’échelle de temps, c’est-à-dire de quel “point de vue” on considère le temps. Si on regarde de plus près, on peut constater que ce qui semble discontinu, est en réalité continu à petite échelle.
En outre de tels systèmes, s’ils sont non linéaires peuvent, à partir d’un état à peu près connu, engendrer plusieurs situations. Une situation apparemment nouvelle peut émerger d’une situation apparemment connue (régulière). C’est le phénomène de bifurcation.
De fait dans la réalité des sciences naturelles, les choses gardent une certaine incertitude. On ne peut pas tout mesurer partout et si on le faisait ce que l’on veut regarder serait gravement perturbé au point de changer de nature. L’à peu près connu est la règle.
L’homme, la société et la civilisation correspondent à des échelles de temps en terme de représentation qui ne sont que faiblement ajustables. Ce que l’homme, le groupe ou un ensemble plus grand conçoit en terme de temps reste fortement imprégné de l’échelle de l’intuition humaine du temps. Du coup nous nommons catastrophe, ce que nous ne pouvons pas anticiper. Prévoir une catastrophe, est donc un oxymore. Par contre, ce que nous refusons de voir ou ce qui est caché par ceux qui savent, ne devrait pas être considéré comme une catastrophe